Les stéréotypes de Harry Potter

Publié le par Amélie

J'ai commencé à lire Harry Potter en 2000, il y a 7 ans. A l'époque, peu de monde le connaissait, cela restait dans le cadre de l'école primaire. Il n'y avait pas encore les films et tout le tralala. 

En 7 ans, j'ai beaucoup entendu de phrase choc sur Harry Potter, de la part souvent de personnes qui ne l'avaient jamais lu, et peut-être jaloux du phénomène.

"Harry Potter ? Ce n'est qu'un livre marketing !"
Première phrase choc. Le livre serait un produit marketing parce qu'il se vend. Imaginer qu'il se vend parce que c'est un excellent livre est apparement une idée qui ne vient pas à l'esprit de ses détraqueurs.
Un livre marketing serait pour moi un livre écrit exprès pour faire vendre. Hors, ce n'est pas le cas. Quand Rowling a commencé à l'écrire, personne n'en voulait, il a fait son bout de chemin tout seul. Et elle n'a pas dévié de son chemin. Pour le savoir, bien sûr, il faut le lire. Pour comprendre que tout était vraiment écrit dès le départ, tellement la logique de l'histoire est forte. J'ai commence à lire ce livre avant qu'il soit connu. Et j'ai continué parce qu'il me plaisait. Et il me plait toujours.

Les films par contre peuvent être considérés à juste titre comme un produit marketing. Ils ont été créés après le succès du livre, et dans le seul but de profiter du phénomène pour bien se vendre. En quoi cela touche-t-il le livre ?
Ou comment, en France, un livre, ou n'importe quelle chose qui se vend très bien et qui plaît à plein de gens est forcément suspecte et mauvais.

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"Harry Potter ? Pfff, c'est pour les enfants "
Généralement accompagné d'un haussement d'épaules dédaigneux.

Nous entrons dans un monde étrange, où toute chose appartient à une catégorie d'âge et ne doit pas en sortir. En quoi un livre fantastique  serait-il interdit aux adultes ? En quoi un livre qui parle de sorcellerie serait-il interdit aux plus de 12 ans ? Mystère que je n'ai toujours pas résolu. 
Comme si l'acte de lire devait suivre un chemin rigoureux. Dumas à 12 ans,  Zola à 15, Hugo à 16 et Proust à 17. Et prié de suivre cette voix SVP.
Non, lire ne répond à aucune règle. Les gens qui se plongent dans A la recherche du temps perdu  en se flagellant, et uniquement pour fair genre, me font profondément pitié. Lire est un acte de liberté. On lit ce qu'on veut, où on veut, à l'âge qu'on veut.
Une bibliothéquaire m'a dit un jour que Harry Potter étaitun peu comme Tintin : quelque chose de très générationnel.
Encore un phénomène très français, où il faut absolument rentrer dans une case sans en sortir.


"Harry Potter ? Ce n'est pas de la grande littérature, ça ne sert çà rien"
C'est vrai, J.K.Rowling n'est pas Shakespeare.
Et alors ? 
Quand j'ai commencé à vraiment lire, j'avais ce besoin. Que le roman soit une grande histoire doublé d'un bon style, original et très vivant. Zola et Hugo m'ont fait pleurer. Je craque devant n'importe quel Jane Austen.
J'ai ouvert un Potter par curiosité. Et j'ai aussi craqué ; parce que même s'il n'y  a pas un grand style, le suspense, l'humour et l'aventure sont là.
Et surtout l'impression immédiate, dès la première ligne, de quitter l'endroit où vous êtes pour partir vers Poudlard. J.K. Rowling a tout imaginé de ce monde parallèle, tous les codes. Se plonger dedans n'est rien de plus facile.
Harry Potter, c'est juste le plaisir de lire à l'état pur. En quoi est-ce un mal ?

Durant les sorties des tomes 5, 6 et 7, j'ai vu beaucoup de gamins de 10 crier, le visage illuminé : "Regarde Maman, le livre fait 900 pages !" acompagné d'un sourire radieux.
Harry Potter a fait comprendre à des milliers de gens, enfants et adultes, qu'on pouvait avoir beaucoup de plaisir à lire un livre de 900 pages, qu'on pouvait avoir beaucoup de plaisir à lire, tout simplement. Combien de professeurs de français ont-il réussi à faire ça ? Comment peut-on dire, après avoir vu ce gamin s'extasier sur ces 900 pages, que Harry Potter est d'une totale inutilité ?

Lire uniquement pour le plaisir semble être une tare.
Tans pis pour tous les critiqueurs d'Harry Potter. Par mépris ou orgueil, ils n'essayeront jamais de le commencer, de le lire, de se plonger dedans.
Il ne savent pas ce qu'ils perdent.
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Publié dans Danses avec le A

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