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Sous les pavés, la plage...
(Anonyme)

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Danses yeux grands ouverts


Lundi 8 décembre 2008
Les pièces de théâtre à Paris, ce n'est pas vraiment ça qui manque. Il y a les classiques Comédie Française, Théâtre de l'Odéon & Co. Il y a aussi les acteur(rice)s reconnu(e)s qui passent quelques mois sur les planches pour se reposer des plateaux de cinéma, et qui font assidument leur promo sur tous les talk-show.

Oui, mais pour sortir des sentiers battus, découvrir de nouveaux acteurs ou auteurs, où aller ? Parce que des pièces de théâtre à Paris, il y en a pleins, et un bon paquet de mauvaises, il faut bien le dire.

Princesse T de Cyril Drouet et Sander Cohen n'est pas la meilleure des pièces présentées en ce moment. Mais pas la plus mauvaise non plus. Et à vrai dire, si vous ne savez pas quelle pièce de théâtre aller voir, pourquoi ne pas tenter celle-ci ?

Bon, je vous fais un petit coup de spitch : Martin est un brillant avocat. Carrière au top, femme dévouée, deux petites filles qui n'ont pas l'air d'avoir de problèmes comportementaux. Alors comment se fait-il qu'au début de la pièce, on retrouve Martin douze ans plus tard, en prison ? Et qui plus est qui tente de se suicider la veille de sa libération ?

La pièce résout cette énigme avec du début à la fin deux histoires qui s'entrecroisent : celle de Martin, sa vie et son bonheur, et celle, 12 ans plus tard, de deux adolescentes, que l'on devine vite être les deux filles de Martin.

Le problème avec ce genre de narration en deux histoires, c'est que souvent, le moment où elles ne font plus qu'une se fait un peu attendre. Et là, ça ne rate pas. La majeure partie de Princesse T est bien construite, jusqu'à ces 10 petites minutes où l'on se demande où vont nous emmener ces deux histoires, et que ça commence à faire un petit peu long tout ça. Heureusement, ça ne dure que 10 minutes. Les deux trames se rejoignent finalement dans un ensemble bien construit qui laissera songeur le spectateur, la fin pouvant prêter à plusieurs interprétations.

Je ne suis pas experte en mise en scène (pas plus qu'en théâtre contemporain soit dit en passant). Celle de Princesse T est à l'image de la pièce : pas transcendante, mais plutôt efficace. Deux choses m'ont néanmoins gêné. D'abord le début. Les acteurs sont déjà sur scène quand les spectateurs arrivent. Ils fixent ces derniers d'un regard lourd, avant que les lumières ne s'éteignent et qu'ils regagnent les coulisses pour que la pièce commence. Y parait que c'est pour plonger dès le début les spectateurs dans l'ambiance. Personnellement, je n'en vois pas trop l'intérêt. C'est un truc utilisé dans un nombre incalculables de pièces, déjà vu mille fois, et qui représente pour moi le cliché suprême du théâtre contemporain chiant. Ouais, en gros, ça m'a plutôt donné envie de fuir. Mais résistez, parce que la pièce en elle-même est beaucoup mieux que son introduction.

Autre truc qui m'a moyen plu, c'est le parti pris de montrer toutes les actions au lieu de les suggérer. Alors que je trouve que l'inverse est beaucoup plus efficace. Je n'ai jamais autant eu peur que devant un Hitchcock où on ne voit jamais le coup de couteau de face. En même temps, j'ai vite peur devant un film, je vous l'accorde, je sursaute même face aux Indestructibles. Dans le cas de Princesse T, je trouve que le tranchage de veine dès le début, face au public, n'était pas forcément nécessaire, l'émotion aurait pu être transmise de façon bien plus efficace si tout ça avait été plus suggéré que montré de face. Enfin, chacun ses goûts.

Malgré ses défauts, Princesse T est tout de même à tenter pour la raison bien simple que ça tient la route. L'histoire est bien construite, le suspens présent, les émotions sont là, c'est drôle et touchant à la fois lorsque l'histoire se fixe sur les adolescentes, les personnages sont attachants et plutôt bien dessinés, les acteurs se défendent très honorablement (surtout les 2 ados et le meilleur ami névrosé), la mise en scène est efficace. Et que tout ça mélangé donne un ensemble pas mal du tout. Et que s'il vous faut des raisons supplémentaires : la salle a un charme très agréable, c'est en plein cœur de Bastille, et vous ferez une bonne action en soutenant des jeunes comédiens qui cherchent à se faire connaître.

Bon, sinon, je vous préviens quand même, de temps en temps, ça parle de viol, d'inceste et de show-room gay hyper glauques. Donc évitez d'y aller un soir de grosse déprime.

Princesse T est donné jusqu'au 11 janvier à La Folie Théâtre. Plus d'infos sur le site officiel.
Par contre évitez de regarder la bande-annonce bien kitch, qui donne plutôt envie de s'enfuir à toutes jambes que de tenter le coup.
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Mardi 21 octobre 2008
Les biopics fleurissent en ce moment au ciné, et je dois dire qu'en général, je les apprécie bien.

Mais le Coluche, l'histoire d'un mec, réalisé par Antoine de Caunes, m'a déçu.

Ce qui est entre autre important dans un biopic, c'est d'arriver à replonger le spectateur dans l'époque dès la première seconde. Et là, il n'y a pas à dire, ça marche. De Caunes a réfléchi à chaque détail pour nous faire revivre les 80's au mieux, et l'ambiance d'avant les élections de 81.
Le problème, c'est que j'ai l'impression qu'il ne s'est concencré que sur ça au détriment de l'histoire et de l'émotion. La trame (Coluche qui se présente aux élections présidentielles) reste finalement bien mince pour tenir 1h43, et je n'étais pas loin de m'ennuyer plus d'une fois. Quand à l'émotion, elle y est presque totalement absente. Comme si le réalisateur s'était concentré sur le paraître, restant en surface, sans jamais aller en profondeur, creuser les failles. Quand je pense à quel point La Môme m'avait transporté, on en est ici bien loin.

Et Coluche alors ? Ne connaissant que peu le personnage finalement, je n'en attendais rien de spécial. Mais là aussi, j'ai été déçu. François-Xavier Demaison a été encensé dans pas mal de critiques, je ne l'ai pour ma part pas trouvé si génial que ça.
C'est vrai que physiquement, la ressemblance est frappante. Il arrive à très bien faire revivre le Coluche sur scène, lors de ses spectacles, réussissant à capter chaque mimique du comique et faire revivre ses remarques acerbes. Mais dès qu'il s'agissait de jouer Coluche dans la vie réelle, Demaison est dépassé. Il surjoue à chaque instant, tout est amplifié au lieu d'être vrai. Il fait comme le réalisateur : se concentrer sur le paraître plutôt que sur l'émotion. Au final, cela donne un personnage sans aspérité, creux, un abrutis fini incapable de penser par lui-même. Ce que, je pense, Coluche n'était pas.

Je retiens toutefois un point positif : celui d'avoir fait revire plutôt de bonne façon cette période d'avant élections de 81, où le chômage et la précarité avançaient à une vitesse galopante, et où les gens cherchaient quelqu'un en qui placer leurs espoirs. Et puis cette blague de se présenter aux élections, qui serait rester une blague si de nombreux groupes, politiques ou non, ne s'en étaient pas servis pour se mettre en valeur.
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Mercredi 23 juillet 2008
Petit récit du week-end d'avant que nous avons passé entre Uzerche et la Loire.

D'abord, et j'ai réalisé que c'était la première fois de ma vie, direction l'autoroute un jour de méga départ en vacances. La faute à un mariage le 12 juillet.
5h du matin, gaillardement, nous prenons la voiture direction Uzerche. Première pensée : je n'ai jamais vu autant de voitures à Puteaux un samedi à 5h20. Que des familles, le père les yeux vissés sur la route, le gilet jaune sagement accroché à son siège, la mère, les pieds sur le pare-brise à roupiller, et les enfants, déjà en train de jouer sur leur console/lire/se disputer/demander à aller aux toilettes. Deuxième pensée : un embouteillage de 15 kilomètre à 6h avant Orléans, ça ne présage rien de bon.

Finalement, nous avons très bien roulé et sommes arrivés à Uzerche vers midi. Youpi, 3h à dormir avant le mariage. Surtout qu'ayant bien somnolée dans la voiture, je me sens d'attaque pour la soirée. Uzerche est une très jolie ville, complètement déserte, mais avec encore beaucoup de maisons du XIVe siècle et un bel aqueduc. La promenade dans la ville le lendemain était très intéressante. Quand au mariage, il était vraiment génial. Il y avait un mélange de professionnel (un très beau château loué pour la soirée, un excellent repas, des serveurs réactifs...), et de faits-maison (une déco complètement réalisée par la mariée et sa famille, un groupe de potes du marié pour la musique...). Une chouette ambiance et beaucoup d'émotion.

Après le repas du lendemain, avoir dit au revoir une dernière fois au couple, direction le Val de Loire. Nous sommes parisiens depuis 26 ans, et pourtant, nous n'avions jamais mis les pieds dans cette région même pas à deux heures de chez nous. Nous avons donc profité d'une Smartbox reçue à Noël et du pont du 14 juillet pour nous initier à la région.

Arrivés vers 19h à Langeais (vous ne connaissez pas ? Ce n'est pas bien grave), première promenade au bord d'un lac pour saisir la campagne du coin. Nous sommes loin des collines de Provences. Que du plat, beaucoup d'étangs, de saules pleureurs, de verdure, quelques champs de céréales et des oiseaux qui pépient de partout. Et puis la Loire, ce fleuve beaucoup plus grand que la Seine mais moins impétueux que le Rhône. Il coule paresseusement, ses berges affleurant l'eau et ponctué de petites îles et bancs de sables. Le soleil est moins fort, moins agressif que dans le Sud, mais la luminosité y est plus chatoyante, et invite à la rêverie. Je comprends pourquoi François 1er a aimé le coin. Le soir, 13 juillet typique : démonstration de majorettes, saucisses-frites, feu d'artifice et bal populaire !

Le lendemain, enfin les choses sérieuses avec la visite du château de Langeais. Ce coin n'est absolument pas connu, il est vrai que la bâtisse est moins impressionnante que les mastodontes Chambord and Co. Il est pourtant extrêmement intéressant, le mieux meublé du coin, et recèle de nombreux détails historiques. J'adore les visites des châteaux. C'est souvent très vivant, et permet d'apprendre pleins de trucs sur l'Histoire, l'une de mes passions.

Le châteaux de Langeais est assez particulier, en se situant à la limite du Moyen-Âge et de la Renaissance. Résultat : une façade type château fort côté ville pour impressionner le chaland, avec Pont-levis et tout le bazar, et derrière, une allure Renaissance avec jardin à la française.


Dans ce château s'est déroulé un événement d'une importance de taille, puisque c'est là que se sont mariés en 1491 Charles VIII et Anne de Bretagne. Par cette union, cette région jusque là indépendante est enfin rattachée au Royaume de France. La Bretagne semblait faire des envieux à l'époque. Anne a été fiancé à tout un tas de rois successifs qui voulaient s'accaparer le coin. Elle est mariée finalement au Roi de France, mais a signé un contrat qui l'oblige, si le roi meurt sans avoir d'héritier, à épouser le frère de ce dernier pour être sûr que la Bretagne reste bien dans le giron français. Et oui, les filles à l'époque n'avaient pas forcément des rôles faciles.

Après cette visite, nous nous dirigeons vers Amboise en savourant les paysages du bord de Loire.
Bon, Amboise, vous connaissez mieux quand même, François 1er, la ville où mourut Léonard de Vinci ?

Le château, qui domine la ville, est très impressionnant tout en restant assez curieux. D'abord dans un style gothique, il e été partiellement rénové en Renaissance par François 1er. La différence entre les deux parties se voit clairement, ce qui donne un côté bancale au château plutôt étrange. Ici, les salles sont beaucoup plus spacieuses et lumineuses qu'à Langeais, la Renaissance a vraiment fait son œuvre, même s'il reste moins de meubles d'époques. Plusieurs rois et reines y ont habité. Anne de Bretagne (que vous connaissez bien à présent), Louis XII, un peu François 1er, avant d'être complètement oublié.  Louis-Philippe s'y réinstalle au XIXe siècle, ce qui a donné un étage décoré façon Empire au contraste assez saisissant avec le reste du château.
Grâce à la très bonne conférencière, on a aussi pu apprendre d'où venaient pas mal d'expressions comme Ramener sa fraise, Epater la galerie, S'assoir sur ses biens, Le tennis, Sucrer ses fraises, Mettre le couvert ou Dresser la table.

Mais le soir commence à tomber sur le 14 juillet, et demain, travail (enfin, recherche de travail pour moi). Les premiers embouteillages n'apparaissent qu'à Puteaux, bloqué à cause du feu d'artifice.
Cette petite escapade nous a donné envie d'en savoir un peu plus sur les châteaux de la Loire, dont nous n'avons vu que les prémisses. A quand un prochain week-end prolongé  ?

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  • Prénom : Amélie
  • Localisation : Paris
  • Age : 26 ans
  • Occupation : journaliste web en recherche d'un job
  • Dernière chanson I-Podisé : Warwick Avenue de Duffy
  • Dernier spectacle : Hommage à Maurice Béjart à l'Opéra Bastille
  • Dernier film  : Mesrine : L'Ennemi public n1 de Jean-François Richet
  • Livre en cours : Les Contes de Beedle Le Barde de J.K. Rowling
  • Séries en cours : Urgences saison 1, Friends saison 2, Desperate Housewives saison 5, Grey's Anatomy saison 5, Prison Break saison 4
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