Le petit bilan d'actu 9 : spécial Barack Obama

Publié le par Amélie

Et pourquoi je n'aurais pas moi aussi le droit de faire un numéro spécial Barack Obama, hein, je vous le demande ?

Je suis complètement shootée aux infos, je ne résiste à aucun grand événement médiatique. J'ai regardé un bout de la nuit des élections américaines. Et comme la moitié des blogueurs de France, je fais un article sur Barack Obama. Sauf que moi, je l'écris cinq jours après tout le monde, c'est ça la rebelle attitude.

Commençons avec cette fameuse nuit américaine. Ça avait bien commencé pour moi, j'avais versé ma petite larme sur l'épisode 5 de la 5ème saison de Grey's Anatomy, que je déconseille aux âmes sensibles soit dit en passant.

0h00 :
On se branche religieusement sur I<télé. Et bon, c'est un peu chiant. McCain mène par 8 Grands Electeurs à 3, autant dire qu'on en est qu'au tout début. Et puis le duo d'animateurs n'est pas folichon. Ne fait pas une soirée électorale qui veut, mais qu'a fait France 2 sur ce coup ?

0h30 :
La vraie soirée électorale commence, avec Bruce Toussaint et une fille aux commandes, je ne sais plus son nom. Tout de suite au niveau du rythme, ça va mieux, et ils ont des personnalités intéressantes sur le plateau. Pas très connues ces personnalités, mais avec des discours instructifs.

x00h37 : Je note deux cris de ralliement dans les reportages ou les directs des States. Soit "Obamaaaaaaaaaaaaaa" ! (façon "Patriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiick"), soit "John-Mc-Cain !" (façon soldat qui crie "yes-sir-yes").

00h45 :
Notre amie Bruce nous annonce qu'il laisse l'antenne le temps d'un flash de 3 minutes "pour le reste des informations". Sauf que le flash ne parle que des élections américaines et nous ressort les mêmes images. A croire que la planète s'est arrêté de tourner.

00h53 :
Toujours 8 à 3. Je commence à comprendre que ça va être long, très long. Il est à peine 17h à New York, je n'ose même pas compter pour Los Angeles.

01h09 : Nous nous souvenons qu'avec la Freebox, on a accès à CNN. Trop branchés d'un coup. Et la soirée électorale sur CNN, ça ne rigole pas. Et que je te montre pleins de statistiques, et que je m'amuse avec ma carte interactive, et que je te note où en est le vote dans chaque Etat, voix par voix pour chaque candidat, avec le pourcentage de bulletins dépouillés.

01h11 :
Quand il faut faire un direct de Chicago, en France, on fait un plan sur la(le) journaliste avec un beau paysage de la ville derrière. Avec en prime un problème de transmission du son, la journaliste qui n'entend pas la question du présentateur, ou le plan complètement perturbé par des inconnus qui font coucou à la caméra. Et bien sur CNN, quand il faut faire un direct de Chicago, ils utilise un hologramme. Parfaitement, comme dans Star Wars, la journaliste de Chicago se matérialise subitement sur le plateau. On est mort de rire, sont trop forts ces Américains.

01h17 :
Pour faire toujours aussi branchés, nous zappons sur la BBC. La soirée est beaucoup plus soft et sérieuse, sans fioriture.

01h19 :
On se rend compte que sans les tableaux interactifs et l'hologramme, notre compréhension de l'anglais en prend un coup. Rezapping sur I>Télé.

01h30 :
Après un dernier flash, McCain mène 13 à 3 Grands Electeurs. On comprend qu'on ira pas au bout, et qu'on ne poussera pas le vice à allumer notre réveil à 5h00.

6h50 : Le réveil de Brice s'enclenche sur France Inter. Obama est élu Président des Etats-Unis. Et largement.

9h30 :
Après m'être rendormie un coup (faut pas charrier non plus, autant profiter des avantages de ma situation), j'ai regardé les images de la nuit sur les chaînes d'infos et les flash spéciaux. Et je dois dire que j'ai été émue. Non pas par les images d'Obama, mais par celles de ses partisans. Cette foule d'anonymes, tous âge et couleurs de peau confondus, qui criaient leur joie les yeux plein d'espoir. Comme quoi la démocratie fonctionne bien. Si le peuple veut changer les choses, il a les moyens de le faire. Cet élan de bonheur m'a ému plus que je ne l'aurais pensé.

Et une image m'a plus particulièrement touchée en plein cœur, le visage du pasteur Jesse Jackson baigné de larmes. Parce qu'il se lisait sur cette figure des années de combats, et qu'après tant de lutte, il en voyait enfin l'aboutissement, alors qu'il n'avait jamais osé imaginer que ça arriverait de son vivant.

Parce que ce symbole du premier Noir à la Maison Blanche, on ne peut pas la nier, même si on voudrait avori déjà dépassé ça.

C'est en fait ça qui m'a frappé
.

La campagne s'est déroulée sans que jamais cette histoire de couleur de peau ne soit mise sur le tapis. Et heureusement d'ailleurs. Les candidats se sont affrontés sur leur programme et leur façon de faire de la politique, de voir le monde. Obama et McCain ont même mis un point d'honneur à écarter cette question raciale, alors que ça aurait pu leur servir. Obama a rappelé à l'ordre ceux qui voulaient qu'il représente la cause noire. McCain a calmé certains de ses supporters au racisme latent.

Le vote n'a d'ailleurs jamais porté sur ça. Obama l'a emporté très largement, et grâce à de nombreux Etats conservateurs qui sont passés Démocrates. Et puis il suffisait de voir la foule qui l'acclamait : des blancs, des noirs, des latinos, des asiatiques, des jeunes, des vieux... Une vrai foule bigarrée.

Et pourtant les premiers discours de l'élu et du perdant n'ont porté que sur ça : la question raciale et le symbole du premier black Président des USA. Rappelez-vous les premiers mots d'Obama : "S'il est ici une seule personne qui doute encore du fait que l'Amérique est un lieu où tout est possible, qui cherche encore à savoir si le rêve des fondateurs de notre pays est toujours vivant, qui s'interroge encore sur la puissance de notre démocratie, cette soirée lui apporte la réponse". Idem pour les premières paroles de McCain, qui souligne le symbole. Idem pour le discours de Bush. Et je vous passe les éditoriaux des journaux du lendemain.

C'est comme si Obama avait voulu échapper à ce symbole, mais qu'il fallait qu'il se rende à l'évidence, même s'il ne le veut pas, il est ce symbole pour la terre entière. On n'échappe pas à son destin si vous voulez continuer dans les grandes phrases grandiloquentes.
Même si Barack Obama se plante grave, même si la crise ne fait qu'empirer, même s'il provoque la 3ème guerre mondiale ou la fonte totale des glaces, il restera à jamais dans les livres d'histoire comme la première personne black à atteindre le poste suprême, à refermer la parenthèse de la ségrégation. Le genre de chose que nos enfants apprendront à l'école, et qu’ils nous demanderont si on s'en souvient, et ça nous filera un gros coup de vieux.

Je pense que c'est pour ça que beaucoup de Français, et beaucoup d'Européens, ont suivi cette élection, parce qu'on sentait que c'était un moment historique, quelque chose d'important.

Cette foule gigantesque aux yeux pleins d'espoirs va forcément être désillusionnée. Parce que même s'il est hyper doué, il a pas mal de problème sur le dos Obama, et qu'il ne pourra pas tout résoudre.

Mais pourtant, j'aimerais que cet élan ne redescende pas trop vite. Parce que je sais que c'est ridicule à écrire, que la phrase de conclusion qui va suivre est mielleuse et affreusement enrobée de bons sentiments jusqu'à l'écœurement. Et pourtant, c'est vraiment ce que j'ai ressenti lorsque j'ai vu les images de cette nuit du 4 novembre 2008.
C'est beau un peuple qui espère.

Publié dans Danses avec l'actu

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Doris 10/11/2008 22:47

Coucou Amélie ! Ca fait longtemps que je n'étais pas venue faire un petit tour par ici... J'ai ressenti à peu près la même chose que toi, mais avant toi car en direct, eh ouais :ppPar contre je pense que c'est un petit peu tôt pour parler de désillusion... Il faut attendre et voir. De toute façon Barack Obama a surtout été élu par les Américains pour changer les choses aux Etats-Unis même, ce n'est pas le président du monde (ton article sur les soutiens français m'a bien fait rire...) ! Mais il est un sacré exemple à suivre, il donne envie à tout le monde de se battre pour réaliser ses rêves. Déjà, en cela, il débloque beaucoup les mentalités...

Amélie 11/11/2008 22:26


Toujours ravie de te voir ici :)
Tu résume très bien ma pensée. Pour la désillusion, on verra bien...