Le soleil d'août

Publié le par Amélie

A croire que je suis déjà en manque de vacances !

C'est un moment dans l'été. Souvent entre le 1er et le 15 août. Un petit virage dans l'atmosphère auquel on ne ferait presque pas attention, un tout petit léger changement dans l'air.

Presque sans s'en apercevoir, on entre dans les grandes chaleurs de l'été.

Les cigales, pourtant si bruyantes en juillet, chantent avec moins de vigueur, comme écrasées sous la chaleur. Les oiseaux piaillent moins fort passé 11h du matin. Les couleurs s'effacent : le jaune vif des blés et le violet profond des lavandes ne sont déjà plus qu'un souvenir, fauchés par la moisson et les fleurs fanées. Les roses ne sont plus que l'ombre d'elles-mêmes. L'herbe verte devient terne et craque sous les pieds nus. Le vert sombre des arbres et le gris du thym prennent le pas sur le reste. Pas un souffle de vent à travers le feuillage des chênes, même le Mistral semble s'être épuisé face à la chaleur.

Le soleil, lui, est bien là, sans le moindre nuage pour l'entourer. Il tape, chauffe la moindre parcelle de terre, de mur. A midi, il atteint son apogée. La Nature semble retenir son souffle en attendant des températures plus clémentes, tout le monde se sent un peu écrasé. Même les adeptes du bronzing rentrent se mettre à l'ombre.

Certains craignent ces grandes chaleurs, ne les apprécient pas. Pour moi, qui à peu de choses près ne voit que des nuages pendant l'année, c'est au contraire une de mes périodes favorites. Même si, précautionneusement, je reste à l'ombre pour éviter tout coups de soleil (blonde aux yeux bleus = grande tendance à virer écrevisse), j'ai l'impression de recharger mes batteries, de faire ma réserve de soleil pour les 10 mois pluvieux à venir. De reprendre des forces. Assise les pieds dans l'eau, marchant dans le jardin, lovée dans un transat, je savoure.

Mais paradoxalement, c'est une fois la nuit venue que l'on se rend compte que le soleil d'août est bien là. En juillet, les chaudes journées sont fréquentes, mais avec le soir arrive une certaine fraîcheur. Alors que là, même la nuit venue, il fait bon rester dehors. Après le dîner, il faut prendre un transat et savourer sur la terrasse un bon bouquin, le jardin illuminé par la lune. Et au détour d'une page, lever les yeux et observer pendant un temps infini les étoiles et la Voie lactée, réalisant avec surprise qu'on avait presque oublié leur existence.
Et c'est peut-être à ce moment-là que je me sens le plus loin de Paris. Une ville magnifique, mais où il fait rarement assez chaud pour pouvoir lire dehors à minuit en t-shirt et sans avoir froid, et où les étoiles et la Voie lactée sont devenues invisibles sous les lumières.

Publié dans Danses avec moi

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Amélie 08/09/2008 01:04

Coucou Doris ! Oui, au vue de tes photos, tu as l'air d'avoir aussi passé de belles vacances ensoleillées. ça donne envie !

Doris 07/09/2008 23:45

Ah, ça sent la nostalgie à pleins poumons !Mais je vois exactement de quoi tu parles. Le soleil chaud me manque déjà.